Numéro 100 / Janvier-Février 2023

Redémarrages


 

Un nouveau départ…en colocation

Après plus d’un an d’arrêt dû à la crise des annonceurs sous l’effet de la pandémie, la revue CultureEnjeu redémarre. Ce n’était pas une crise de motivation: jamais la culture romande n’a eu autant besoin d’informer et de réfléchir sur son rapport à son public et à ses sources de financement. Mais il fallait trouver une nouvelle formule.

Le premier pas, c’est l’union des forces avec L’Agenda, un autre magazine bien connu des acteur∙ice∙s et des consommateur∙ice∙s de culture romande. Concrètement, les deux publications ont décidé de s’installer en colocation et de paraître sous la forme d’une revue unique, aux contenus placés tête-bêche. Ce premier numéro commun, qui coïncide festivement avec la 100e édition de L’Agenda, marque pour CultureEnjeu un changement de rythme puisque de trimestriel, il devient bimestriel.

La colocation, c’est un toit commun, un lieu de vie où l’on échange des idées, où l’on cuisine parfois ensemble, mais où l’on a chacun sa chambre; on est proche, on partage la même philosophie, les mêmes idéaux parfois, mais on reste indépendant.

Dans le cas de L’Agenda et de CultureEnjeu, il s’agit de s’inspirer mutuellement, de se faire profiter des savoirs et des expériences respectifs. Parallèlement, le but est d’ouvrir l’horizon du lectorat, de lui offrir à la fois des analyses pointues et une vision large de la culture. D’où ce nouveau slogan commun: la culture romande sous tous les angles.

Cette publication tête-bêche vise donc à mettre en avant la richesse, la diversité et les spécificités de la culture romande, tout en ayant un regard critique. L’Agenda présente le résultat de l’extraordinaire travail des acteur∙ice∙s culturel∙le∙s et invite à le découvrir par soi-même. CultureEnjeu, pour sa part, décrypte les enjeux, les coulisses et les conditions de production. Chaque revue est donc construite comme une entité propre, qui conserve ses spécificités.

Merci de redémarrer en compagnie de CultureEnjeu! Et au plaisir de vous faire découvrir cette nouvelle colocation avec L’Agenda.


 

Plus de la moitié des artistes suisses sont pauvres

Par Emmanuel Deonna

Une journée consacrée à la rémunération des artistes helvétiques a abouti à un constat alarmant. Dans ce contexte, des solutions doivent être trouvées urgemment. Mais pas à n’importe quel prix.

En Suisse, 60 % des artistes gagnent 40’000 francs ou moins par année. Plus de la moitié des artistes helvétiques sont donc pauvres. Tel est le constat le plus alarmant découlant d’une journée consacrée au statut et à la rémunération des artistes qui s’est tenue le mois dernier à Berne. L’événement était organisé par les professeur∙e∙s de l’Université de Genève Yaniv Benamou et Anne-Sylvie Dupont, ainsi qu’Ariane Morin, de l’Université de Lausanne. En plus des voix d’experts en droit, celles des directeur∙ice∙s des offices cantonaux et municipaux de la culture, de la direction de Pro Helvetia et de différentes associations professionnelles ont été entendues.

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Redémarrages, suspensions et paradoxes

Par Christophe Gallaz

Redémarrage de cette belle revue, donc, comme celui des activités culturelles après la crise pandémique et ses rebonds. Posons que c’est vers le mieux. Mais redémarrage aussi du sport le plus attentatoire à notre environnement naturel, au Qatar, par exemple, sous le signe de la Coupe du monde de football qui se soldera par l’émission en un mois de 18 millions de tonnes de CO2, la petite moitié de celles produites par année dans notre pays. Posons cette fois que c’est vers le pire. Rien n’est donc simple, d’autant que le redémarrage suppose l’inverse de la suspension ou de l’arrêt. De même que la «rentrée», que tous les acteur∙ice∙s du secteur tertiaire connaissent au terme de leurs vacances d’été, implique qu’une «sortie» l’aura précédée dès la fin du mois de juin.

N’est-elle pas intéressante, cette oscillation-là des séquences? Car s’il existe un redémarrage qui serait la condition de la vie productive et réjouissante, il instaure à l’inverse une immobilité qui serait le signe, elle, d’une mort temporaire ou d’une absence, avec les sentiments de manque ou de chagrin qui s’ensuivent en nous – l’intéressant consistant à se poser, dans la foulée, une question simplissime: durant la séquence ayant précédé le redémarrage de cette belle revue comme celui des activités culturelles après la crise pandémique et ses rebonds, comme je l’énonçais tout à l’heure, de quoi aurions-nous vraiment manqué ?

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Le chanteur, écrivain, acteur, poète et compositeur Michel Bühler est décédé le 7 novembre dernier à l’âge de 77 ans. Le Vaudois était une figure majeure de la scène culturelle romande.

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